À la suite de l’annonce du rachat de la dette de 38 M$ de BIXI à Stationnement Montréal par la Ville et, de surcroit, l’offre d’une garantie bancaire de 71 M$ additionnels pour le développement à l’international, BIXI est devenu par le fait même l’OBNL le plus riche en ville. Doté d’un conseil d’administration où ne siègent pas d’élus montréalais, mais uniquement le directeur du service des finances, cet OBNL bénéficie maintenant d’un véritable chèque en blanc de la Ville. « Le mirage de la profitabilité de BIXI doit cesser. Les opérations de BIXI sont déficitaires année après année. Il est temps de mettre de l’ordre là-dedans plutôt que de seulement utiliser les surplus de la Ville pour renflouer leur coffre », a affirmé ce matin Richard Bergeron, chef de Projet Montréal.
Un autre OBNL soutenue par la Ville
En bénéficiant des largesses de la Ville, BIXI a rejoint le club sélect des OBNL soutenus par la Ville : la Société du Havre, Quartier International et la Société de développement Angus. Non seulement les a-t-il rejoints, mais avec cette entente il les dépasse tous en terme de financement. Alors que le règlement présenté aux élus en décembre parlait d’une garantie de prêt de 44 millions $, et d’un autre de 60 millions $ pour le développement de BIXI à l’international, et que les états financier au 31 janvier 2011 évoquaient uniquement un remboursement de 33 millions à Stationnement Montréal « au plus tard le 30 avril 2011 », hier c’est 108 millions $ que la Ville garantit à BIXI. « Malgré le soutien public de son organisme, Roger Plamondon n’a pourtant pas de compte à rendre aux Montréalais. C’est une question d’impunité, et nous sommes très mal à l’aise avec cette façon de faire à la Ville », a ajouté Richard Bergeron. Rappelons que les BIXI sont entreposés l’hiver dans un hangar privé qui appartient à une entreprise dont Roger Plamondon est le vice-président.
Pour se soustraire à la loi d’accès à l’information?
L’absence d’élus sur son conseil d’administration signifie que BIXI n’a pas à se soumettre à la loi d’accès à l’information. « Pourquoi procéder de la sorte? Est-ce qu’ils ont des choses à cacher? Par exemple, au moment où on a décidé unilatéralement de transformer les utilisateurs de BIXI en panneaux réclames roulants, si nous voulions savoir à combien s’élève les nouveaux revenus issus des publicités sur les BIXI, rien n’obligerait par la loi la Société de vélo en libre-service à nous répondre », a continué Richard Bergeron. « Nous demandons au maire de rétablir l’impunité et la transparence sur tous les organismes qui profitent de financement de la Ville, en commençant par BIXI. Le maire demande aux arrondissements de se serrer la ceinture et offre des généreuses marges de manœuvres à des OBNL qu’il crée », a conclu le chef de Projet Montréal.
